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UBC School of Biomedical Engineering : où la créativité scientifique prend forme

Pour les non initié·es, la science peut sembler insaisissable, presque sans forme. Comment pourrait il en être autrement ? Elle s’étend des galaxies infinies jusqu’aux nanoparticules microscopiques. En même temps, on la réduit souvent à la pureté des « sciences dures » et aux structures rigides de la « Méthode Scientifique ». Pourtant, envisager la science comme un processus strictement contrôlé camoufle la réalité quotidienne de la discipline. En observant le travail d’un scientifique, on peut découvrir quelque chose de plus organique et de plus intuitif. Comme le souligne Ana Coppinger, spécialiste en planification de laboratoires chez A49 et membre de l’équipe derrière la School of Biomedical Engineering de l’UBC, la science est un domaine profondément créatif. La découverte repose sur la stimulation. Elle prend place dans des espaces où les gens se sentent bien, des espaces où les réflexions sont claires et qui encourangent l’exploration sous de nouveaux angles. Cette conviction a guidé la conception des laboratoires de l’école et résonne dans tout l’édifice conçu par Patkau Architects.

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CONSTRUIRE UNE CULTURE DE DÉCOUVERTE PARTAGÉE

Dès le départ, l’équipe de conception s’est concentrée sur la création de communautés de scientifiques. Plutôt que d’isoler les chercheurs·euses dans des pièces fermées et sans fenêtres, les laboratoires du SBME ont été pensés pour s’éloigner d’une culture de travail en silo et d’isolement au profit du partage des ressources et de la découverte collective. Ouverts, visibles et connectés, les nouveaux laboratoires encouragent la proximité et la transparence, permettant aux idées de circuler de manière informelle grâce aux interactions quotidiennes. Ici, la science est mise en valeur. Le travail est visible, l’activité est palpable et les étudiant·es qui circulent dans l’édifice sont entouré·es de la discipline qu’ils apprennent. Ils découvrent la science non pas comme quelque chose de caché, mais comme une ressource académique partagée.

Cette transition vers l’ouverture et le partage de la culture scientifique reflète une évolution plus large dans la conception des laboratoires. À mesure que les disciplines se chevauchent et que les technologies progressent, les environnements de recherche doivent soutenir la collaboration, l’adaptabilité et le changement. Au SBME, cela signifiait créer des espaces capables d’accueillir l’évolution des priorités de recherche sans rénovations coûteuses, permettant d’intégrer rapidement de nouveaux outils, équipements et méthodes à mesure qu’ils émergent. La flexibilité n’est donc pas un concept abstrait, mais une réponse concrète à la vitesse à laquelle la science.

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DES LABORATOIRES FLEXIBLES, BAIGNÉS DE LUMIÈRE ET CONNECTÉS

Une part importante de cette connectivité découle d’une décision clé dès la conception: positionner les laboratoires le long de la façade nord de l’édifice, avec une fenestration pleine hauteur. Les postes de travail sont en retrait des fenêtres, libérant un espace partagé qui favorise la collaboration et qui démocratise les vues dégagées sur le campus. La lumière du nord, exempte d’éblouissement, est idéale tant pour les instruments scientifiques que pour les occupants qui passent de longues heures au laboratoire.

Au delà de la performance technique, l’importance accordée aux fenêtres et aux vues relève d’une considération fondamentale : le confort, la lumière naturelle et les connexions visuelles contribuent directement à la clarté d’esprit et à la concentration.

ADAPTABILITÉ, PARTENARIATS ET APPRENTISSAGE PAR PROXIMITÉ

Plutôt que de multiplier les infrastructures fixes, les orientations conceptuelles ont mis l’accent sur l’adaptabilité, afin que de nouvelles technologies puissent être introduites, testées et partagées sans modifications majeures. Cela appuie la collaboration non seulement entre disciplines académiques, mais aussi avec les partenaires corporatifs et les organismes de recherche, favorisant l’expérimentation et l’innovation alors que les méthodes scientifiques continuent d’évoluer.

L’édifice incarne cette philosophie à toutes les échelles. Son atrium, ses espaces de création, ses laboratoires d’enseignement et ses aires de rassemblement informelles brouillent les frontières entre apprentissage académique et pratique de recherche, réunissant chercheurs·euses, étudiant·es et partenaires de l’industrie dans un environnement interconnecté. Ensemble, ces espaces forment un environnement animé qui reflète la relation de plus en plus fluide entre la science, l’ingénierie et l’éducatio

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La visibilité joue un rôle central dans cette expérience. En rendant l’activité scientifique visible dans l’ensemble du bâtiment, la conception favorise ce qu’Ana appelle une « éducation non planifiée » : les étudiant·es sont exposé·es à la science simplement en circulant dans le bâtiment. Cette exposition fortuite élargit l’apprentissage au delà de la salle de cours, aidant la population étudiante à comprendre l’étendue de la recherche scientifique et à imaginer leur propre place dans ce domaine.

Pour Ana, le projet représente une rare combinaison réussie entre rigueur technique et expression architecturale marquée. Grâce à une collaboration étroite avec Patkau Architects, le programme fonctionnel des laboratoires a été pleinement respecté et intégré, permettant aux espaces de recherche d’atteindre à la fois précision scientifique et qualité architecturale. Le résultat est un édifice où les exigences techniques complexes et l’ambition architecturale se renforcent mutuellement, créant un environnement qui soutient la science non seulement comme discipline, mais comme démarche humaine et créative.

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